



LA NOYADE AUX ENTRAILLES DE LA MÈRE
Dans "LA NOYADE AUX ENTRAILLES DE LA MÈRE", au départ, il y a l'urgence de faire. De faire et surtout de dire, de raconter. De parler de et à la mère. La mère, vous la montrer, en témoigner. Y réfléchir et la penser. Et la montrant, s'en imprégner — S'y noyer pour qu'elle redevienne mon monde, et moi le sien, dans l'espace du travail. Comme une bouteille à la mer, une œuvre cathartique poveriste accessible à toustes, car polymorphe: textuelle et plastique. S'ajoutent au texte : des œuvres graphiques illustrant les notions du Poème, affiches construites sur le système de lettres, en découpage papier, qui une fois mises en formes révèlent une image. C'est la "'Poésie en Formes", des calligrammes maximalisés, une recherche qui explore les possibilités graphiques du langage, la liberté vraie au milieu du format. Le texte lui, a une structure libre; sorte de manifeste poétique autobiographique en prose dans lequel sont évoqués les traumatismes liés à l'abandon et au manque, élégie fougueuse et sacrificielle versée au souvenir d'une mère partie et absente à jamais. Mais aussi le désir de se réinventer, la nécessité d'allumer son réel, de dépasser ses ombres en se faisant cauchemar ; pour en rêves retrouver ses absents. D'exhumer le Bâtard, d'annuler ses tristesses, de travestir ses incapacités en y jetant des couleurs, de devenir son soi rêvé pour, en travail, finir immortel et repu de beauté En questionnant son nom, sa langue, son corps, son genre et son identité, l'envie, enfin, d'écrire avec puissance, le sentiment de solitude et de parler du rejet. Le désir d'effacer, et de contrer aussi, les incompréhensions et les violences et de fièrement revendiquer le droit d'exister et d'embrasser son destin propre en exprimant "La révolte du Bâtard" Il y a 28 affiches, et une noyade progressive qui finit en toutes les couleurs. Le format prévu est A0 (841x1189mm) La technique d'impression reste a déterminer, ce dans une volonté de se laisser surprendre - Des versions traduites, l'une en braille accompagnée d'affiches embossées, permettront d'ajouter des pierres au besoin d'universalité du propos.
Je dis NON pour Elle Je dis NON pour Moi Je dis NON pour Nous Je dis NON parce que pourquoi pas – Je dis NON à toutes les Forces et les Institutions qui écartent et condamnent les Vrais Vivants à grand renfort de lois et de normes – et rendent les honneurs aux menteurs et aux faux. celles qui m’ont à tort : empêché, abusé, condamné, enfermé, ostracisé, même forcé sous camisole chimique – Pour l’unique raison que je refuse Absolument de me soumettre et que quiconque prévoie pour Moi. Je ne serai l’instrument d’aucun et refuse le Jeu. Longtemps, je croyais qu’exister c’était pour les autres ; C’est dur de vivre quand on est moins que « mieux ». Moi, j’étais plus que bien mais moins que ces autres qui font « mieux ». Alors – je ne faisais pas, je n’écrivais pas, je ne mangeais pas, je ne vivais pas (bien). Longtemps aussi, j’ai voulu penser que cette histoire n’était pas la mienne, comme si elle n’était pas de moi ou moi pas d’elle – pas pour Moi. Parler, je sais faire, Penser je peux, Jouer des couleurs – Parfois – Souvent, j’ai eu cette funeste impression que tout tomberait à l’eau – La Mère, c’est Y. J’ai été comme Y. Je l’ai même longtemps été, Y. Y., Elle est grande. Elle est vaste – Comme La Belle dans le film, Blonde, Seule, Miséreuse et Divine ; Attendait son moment, échouée dans un Enfer pour Mères en devenir, là où se terrent les Putes et les Sorcières qui portent les stigmates de leur tragédie. Dans ce monde, c’est comme ça – quand on est une Blédarde, Pleine, quand on n’est pas mariée – À l’hôpital, on l’accouche. Par césarienne, car quand on est Y., on n’a pas le courage de le faire sortir, ni la force de donner la vie. Il est dit, et ce, pour tout un tas de raisons, que sortir par voie basse c’est bénéfique pour les bébés. Mais ça, c’est pour les bébés, pas pour les bourreaux. Pas, pour les fruits de violences ou de viols. Pour les Anges, et pas pour les Démons. Y. ne voit pas le gosse, lui laisse un X et disparaît. Quand t’es de nulle part, de Y., c’est dur. À jamais Endeuillé – C’est par la présente que je renonce à ma quête de l’océan d’amour. La Nuit se lève sur mon cœur et ma Gueule s’annule. Je crois que l’on existe exactement que dans l’annulation de soi, loin des Lacs troublés de leur réalité. C’est seulement une fois couché sur les Sables Diamants des berges de la Solitude, que repose la certitude de ne jamais servir autres choses que celles nobles et riches de Sens. Elles, qui sont nos passeports pour l’éternité – À mon goût, Elles sont les seules valables ; quant aux autres et à leurs auteurs, ils s’annuleront, PERDUS aux confins du temps. Moi, j’ai eu la chance qu’ils me repêchent : DEUX, Une fois, un Hiver – Deux, qui sont de la Race de ceux qui reprennent les démons aux autres – ceux qui récupèrent des bêtes que d’autres ont créées. C’est la baise qui gâche tout, en générant des êtres qu’on n’aimera jamais assez bien, jamais assez fort ; juste bons à servir leurs aînés... Aînés qui tentent, chaque jour, et par tous les moyens, de consommer, posséder, entraver et soumettre l’Autre. Ami·es, L’Amour ne se cherche pas entre des cuisses de chair mais résolument sous sa forme la plus pure, dans un Mouvement d’Essentialisation Poétique RADICAL. J’accouche maintenant de mon maudit démon et m’abandonne moi-même pour m’auto réparer. Quand on est Démon, c’est dur ; On est seul. En France, dans des institutions appelées Pouponnières, où des inconnus cajolent, torchent et nourrissent les juste-venus au Monde qui ne sont à personne ; ou du moins ceux dont personne n’a voulu... ARRÊTONS D’ENFANTER AVEUGLÉMENT et prenons en charge les infortuné·es, les abandonné·es, les véritables avorté·es, elles·eux qui peuplent les poubelles, les rues, les foyers et les orphelinats – Longtemps encore, j’ai porté le poids de cette culpabilité ; celle obscène d’être le Ventre Cruel, le renflement injustement porno, cause de tant de Malheurs. Si c’était à refaire, je ne le referais pas : J’empoignerais mon cordon, le nouerais en écharpe ; Du Stylisme fœtal – UN SUICIDE AMNIOTIQUE ! Il ferait chaud, ce serait discret, jusqu’à l’heure de sortir la bête, bleue, froide, dure, morte. Nettoyeurs, prenez-moi en charge et faites face à vos responsabilités – Je me sens comme ces Rejetons-Sacs-Poubelle. Je suis l’odeur mélangée du pétrole et des poisses fraîchement déposés sur les chairs. Je vois les ombres, qui noires comme ces Sacs, me jettent par-dessus bord – Une mer de plastique comme une poubelle vivante Qui grimpe sur le corps des Hommes et fond sur les Faces des Femmes. Cette femme je l’ai vue un seul Jour : c’était dans un café – Aux abords d’une grande Gare. Un, avec une terrasse fermée, de grands pans de PVC – transparents. Des miroirs sans reflets, que l’on ne peut briser. Des fenêtres sans cadre, comme des Voiles déployées, que l’on peut enlacer. Ce dit Jour, j’ai atteint mon but. J’ai braqué ma Mère et volé son Regard ; Volant les Regards, je peux toute forme devenir – Grâce à l’étude de ses battements de cils ; Je me fais fanion au chapiteau de l’Autre. Ainsi, le précédant, je fusionne et le ressens, et pour une seconde seul, sous-loue son cœur pour y loger mon Vide – Cambriolée pour qu’elle me pille en représailles. Scalper son Regard pour à jamais, comme un Spot de Phare, me le projeter sur l’Hôte. Je veux ma mère comme un mirador d’Amour, Comme un Œil de sniper sur mon corps. Ce, comme chez les autres bêtes, je la revendique dévorant son bébé et digérant son sang ! Consomme ma chair et renfonce mon cœur dans ton trou ! Ce sera Le Retour de la chatte exhumée dans son terrier sanglant ! Est-ce donc plus obscène de vouloir s’enivrer de parfums génitaux, aux Entrailles de sa Mère, que d’accepter qu’un seul gosse porte si tôt une si grande douleur ? Moi qui pense Démon – Je n’crois pas. Gobe mes yeux ou écrase les d’un coup sec pour que jamais personne ne puisse me voler mon Regard ! Annule-Moi ! Tue-Moi d’amour ! Mange-Moi au lieu que de m’abandonner ! Le monde l’a engloutie encore ; Y. à jamais Perdue dans l’Océan de Fer... Je la revois s’en aller, bossue de peine, sa jolie couleur blessée – Une fois, un Automne. Prenez garde à la gare du Nord, voleuse de Mamans ! Elle qui change les blondes en X, celles à jamais, comme les rails, perdues... J’écris mes A en Stars pour en Mama allumer tout un Ciel. Je deviens un bûcher pour m’embraser enfin et retrouver cette Mère. Il faut sans craintes, je crois, s’avorter à soi-même, plonger en Mer de Gueules et accepter d’y couler son Hôte pour en faire un vaisseau qui atteindra les Rivages Éternels de la Poésie. Comme les marins, je sonde mon corps et navigue entre des os secs et puants baignés de fluides. Quoi de plus fort et essentiel qu’un simple retour à l’envoyeur ? Ultime voyage en Terre Ceinte ! – LA NOYADE AUX ENTRAILLES DE LA MÈRE – Là, trône le secret de la résurrection – Dans l’oxygénation des Peurs, car il faut allumer le trauma ; pour, en fumées, le regarder partir. J’embrasse le choix du Poète, et vais me recueillir à l’endroit où repose ma Peine. Les années passant, le petit tas de terre s’est changé en Cathédrale superbe de Porphyre et d’épines – Parce que pourquoi pas – Au Jardin des Faces, tel un porc-épic précieux, en Badroulboudour, je prends l’apparence d’une monstresse sublime. C’est Ali Baba 2, le GOAT qui revient, errant, voleur, malade obsédé de calots, qui pour survivre se change en joyaux Sacrés. Une fois paré, ma Danse peut commencer ! Et mon travail couronné ou avorté car, après tout, le principal serait sûrement, que de ne dire que pour Soi. C’est dans ce choix de m’encenser ou de m’assassiner que siège ma véritable liberté – POURQUOI RESTER SON HÔTE ? C’est au-delà de son miroir qu’il faut chercher, loin du reflet trompeur de sa Face imposée. La Poésie seule, pousse les corps dans les postures d’Amour, de Grandeur, de Justesse et de Perfection. C’est l’idée qui couronne le corps, et non l’inverse ! 1-0 GARDEZ VOS TIARES ET VOS MÉDAILLES ! Je prends Gueule de Poème, Cailloux luisants, j’arrive ! Je veux la Poésie en Formes pour la faire respirer – Y jeter des couleurs, pour la LIBÉRER – Jour après jour, on envisage les Mots pour pouvoir penser. Ces Mots, je dois les prendre ; je sais les faire danser. Ils s’essoufflent et frissonnent. Je les vois, je les sens ! Les empoignants, je les force et je les fais tourner ! Ils virevoltent et se cabrent, ils hennissent et me narguent ! Tonitruants, désordonnés, ils s’expriment en fanfare. Eux ! Sont nos véritables harceleurs ! Nous traquant jusque dans notre fin, ils nous pourchasseront chaque nuit au détour de chaque rêve. C’est une véritable et authentique violence que le langage exerce sur moi au quotidien – Il est mon censeur et joue de sa trique ; sans cesse à l’affût de précisions, d’explications, de toujours plus de détails. La logorrhée est ma Tempête : je me noie dans les Mots et leurs idées qui m’asphyxient comme une roche récif assaillie par une foule. Ô Mots ! Entendez mon chant et laissez-moi aller tranquille. Vous ! Qui détenez le pouvoir de faire ou défaire le Bien et le Mal. Vous ! Qui pactisez avec le plus offrant, au service des faux-forts pour soumettre les faux-faibles ! ABOLISSONS LE MOT ! Je le déclare coupable ! Lui, qui n’est pas neutre et justement masculin. Comme il est limité et prétentieux ! Se pâmant, il pense pouvoir dire la Vie et la Mort, Elles qui n’ont besoin d’aucun Oracle. On ne peut dire l’Amour qu’avec le Cœur – C’est le lexique qui rabaisse, diminue, amoindrit, abrège, compromet et dépossède. Laissez-moi hors de lui plonger en mon MOI-LAC, exempt de toute définition ! J’allume enfin mon X et me l’appose hurlant. Ma main gauche brûlant, recueillant le Feu, exprime puissamment ! LA RÉVOLTE DU BÂTARD ! Ô ! X, lettre divine, toi qui supprimes le Dire en le faisant écume, Je m’en remets à toi, Mousse Étincelante ! Je ferme alors mes Gueules et c’est dans le silence, pour en finir enfin qu’au milieu des brasiers, en trillions de miroirs, Prince hyper symboliste, dans une pause excentrique, accoudé à une branche ; Tout allumé au X, Apparaît là : SOLÉ – Mi-Pilleur, Mi-Tombe, je me montre à vos yeux aujourd’hui et vous offre ma main – Ami·es Poète·esses saisissez-la et emmenons-nous demain – Les autres CREVEZ comme je crève par vous ! Hier Épines, je deviens Fleur. Prends Gueule de Pivoine – Frondeuse à jamais infroissable, Rallume ma cigarette Now, j’écris en fumée –



